BARBIE SE FAIT LA BELLE
Nous avons toutes une Barbie dans le placard.
Ma première je l’ai eue tard. Ma mer ne les cautionnant pas. Et puis elle a fini par craquer, sous le joug de l’enfant unique qui voudrait un peu être comme les autres gosses.
J’avais de petits animaux en plastique jusque là, et de vrais animaux dans le jardin parisien, et même des poules qui pondaient et réveillaient les immeubles alentours, je jouais dehors ce qui ex- plique sans doute ma sauvagerie à savoir mieux parler aux bêtes qu’aux Hommes. J’ai eu cette première Barbie, à 8 ans et quelques mois.
Il ne me restait que peu d’années pour y jouer, quittant bientôt les occupations de l’enfance
J’ai eu cette première Barbie, puis des suivantes, l’enfant était très gâtée pour tromper sa solitude. Et puis j’ai eu la Barbie Pocahontas, et elle a détrôné toutes les autres. Radicalement.
Je n’ai plus joué qu’avec elle. Je la voyais différente de toutes. Et je m’y identifiais. Pas physique- ment. Symboliquement.
Je l’ai encore, et elle est précieusement rangée au grenier dans une boîte dédiée, où elle dort avec ses tenues préférées.
Car c’est avec Barbie, et celle ci particulièrement, que j’ai commencé à habiller. Et donc à m’habil- ler
C’est ainsi que j’ai appris, et que j’ai aimé, inventer des panoplies, tenter des mélanges. C’est elle qui m’a donné ce goût, (et regarder ma mer, évidemment).
Et voilà que Michel Tréhet, avec son regard attrapeur des lumières et des inattendus, est allé pho- tographier Barbie à Deauville.
Michel Tréhet, à l’œil graphique jusqu’aux lunettes qu’il porte
Michel Tréhet, qui en plus d’être avec son appareil dans le vent des plages normandes, est dans le vent tout court, à happer des images qui marquent.
Il s’est fait photographe de mode pour l’occasion, justement là, justement en cette station balnéaire où Coco Chanel ouvrit sa toute première boutique en 1913.
Barbie pose pour lui en grande héroïne des années 50, et prend les traits d’Audrey Hepburn, de Grace Kelly, de Tippi Hedren, dans tous les décors mythiques de la ville de « Chabadabada ». Ce n’est pas la Barbie rose bonbon.
C’est la Barbie élégante, portant les plus grands noms de la
Et cette Barbie, elle lit « L’Amant ». Elle lit « L’Amant » à Deauville, à deux pas de Trouville où Marguerite Duras vivaient ses étés.
Et l’on s’invente une histoire, et le jeu peut commencer : qui est cette femme, quel est son nom, de qui est ce chapeau qu’elle porte, d’où vient elle, et où va t’elle 
Il y a une réponse certaine à cette dernière question, elle se rend à Shanghaï, où aura lieu une ex- position de ces portraits.
Ce sera du 4 au 27 Juin (2015), au Lutin. Une lutin au Lutin, c’était écrit. C’est loin. Elle s’envole. Elle prend un avion Barbie.
Le Lutin, 88 Tongren Road, Unit 104+204, Shanghaï.
Michel Tréhet, RGallery, 108 rue des Bains, 14360 Trouville-sur-Mer.
(Michel Tréhet a photographié la collection privée « Barbie couture » de Martine Dassault, écri- vain).
Avril Bénard. (ELLE.fr)
photographe, directeur artistique
Diplômé de l’école des Beaux Arts avec mention Arts graphiques
et Publicité en 1970. Artiste peintre, photographe, directeur artistique.
C’est à travers un regard graphique et construit que Michel Tréhet photographie toute l’élégance de Barbie Couture dans la plus célèbre station balnéaire de France, Deauville. Elle est considérée, avec son casino, ses palaces, ses villas classées, ses champs de courses, ses Festivals du cinéma américain et asiatique, ses golfs et ses discothèques comme l’une des plus prestigieuses en France. Sa réputation de station de luxe lui vaut d’être fréquentée régulièrement par de nombreuses célébrités du cinéma, de la musique, de la télévision, de la mode, et du monde économique et politique venues du monde entier, dont certaines possédent dèjà des photographies de Michel Tréhet.
En super héroïne, super-star ou en mariée, Barbie y est toujours
une grande dame de la mode. Habillées par les plus grands créateurs français, Barbie Dior, Barbie Givenchy, Barbie Chanel ou Barbie Louboutin nous surprennent dans des compositions maitrisées.
Icônes de la mode, Les Barbie Audrey Hepburn, Grace Kelly, Tippi Hedren se prètent au jeu le temps de l’exposition. Le noir et blanc apporte l’ultime touche glamour.
Aujourd’hui, les Barbie de Michel Tréhet s’invitent chez “Le Lutin”, la célèbre boutique de mode shanghaienne, merveilleusement mise en valeur par Diana.
artículo de Avril Benard
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